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Réunionnais, 1 visage, 1 histoire, 1 île 

 

Nous connaissons les paysages qui font de La Réunion, l’île intense. Mais nous connaissons moins les visages qui forment la richesse de cette île française, au cœur de l’océan Indien. Autrefois connue sous le nom de Dina Morgabine, Santa Apolonia, ou encore île Bourbon, l’île de La Réunion est devenue le symbole de l’union et de l’harmonie entre les peuples à travers le monde.

A la croisée des civilisations européenne, malgache, indienne, asiatique et africaine, La Réunion est un melting-pot insulaire. Sa population actuelle est le fruit de siècles de migrations, le résultat d’un brassage ethnique unique en son genre. Ses habitants forment aujourd’hui un peuple métissé au caractère pluriel, devenu un modèle de vivre-ensemble multiculturel et multiethnique. Ils sont l’identité de l’île intense qui repose sur les spécificités culturelles et l’histoire singulière de La Réunion.

Partons à la rencontre des femmes et des hommes qui font La Réunion.

Découvrons chaque semaine les portraits et les histoires des RÉUNIONNAIS.

 

Maureen ATANARY

Côte est

 

Fêter le Dipavali est un moment important pour moi. Cet événement de la communauté tamoule célèbre la lumière et les couleurs. C’est un moment de convivialité et de partage entre la famille et les amis. Le temps fort de cette célébration reste pour nous le défilé organisé par la ville de Saint-André. Chaque année, ma famille et moi avons hâte d’y être pour voir les chars colorés. Spectacles de danse, musique traditionnelle indienne, costumes plus éclatants les uns que les autres : la fête des lumières et des couleurs porte merveilleusement bien son nom ! J’ai eu l’occasion de prendre part au défilé à plusieurs reprises lorsque j’étais plus jeune avec une association de danse indienne, mais aussi, plus récemment, avec l’association Kovil des enfants. Ces moments ont été magiques et intenses ! J’en garde de très beaux souvenirs.

Maureen ATANARY, Saint-André, côte est de La Réunion

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Pierre VIDOT

Côte ouest

J’ai toujours été passionné par les histoires de pirates ! De nombreux pirates ont navigué sur l’océan Indien et ont laissé leurs empreintes sur l’île. Des Hollandais, des Britanniques, de nombreux forbans de diverses nationalités, se sont arrêtés aux abords de l’île et y sont restés. Beaucoup de Réunionnais sont des descendants de pirates. J’ai moi-même découvert, en faisant mon arbre généalogique, que le pirate John Grayell, était un de mes ancêtres ! Au XVIIIe siècle, le commerce était interdit entre les habitants, a fortiori avec les pirates. Ils devaient obtenir l’autorisation du gouverneur pour se ravitailler en vivres et en eau, qui en référait au conseil des habitants, pour pouvoir mettre pied à terre. Si c’était le cas, ils séjournaient alors beaucoup plus longtemps que prévu et, pendant 2 à 3 mois, ils faisaient ripaille !

 Pierre VIDOT, conteur d’histoires, Saint-Paul, côte ouest de La Réunion

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Juliette MASSON

Côte est

Cela fait 10 ans que j’ai repris l’exploitation agricole de mon père, qui existe depuis 1972. C’était un concours de circonstance : mon père arrivait à l’âge de la retraite et moi j’étais étudiante. J’ai voulu reprendre l’exploitation familiale : c’est mon héritage. A l’époque, nous ne produisions que de la canne à sucre. Aujourd’hui, j’ai diversifié la production : canne à sucre, piment, vanille et pomme de terre.

Quand j’avais 6 ans, mon père étant cannier, son chauffeur livrait les cannes à sucre à l’usine durant les périodes de campagne sucrière. Là-bas, on lui donnait une petite bouteille de sirop la cuite que mon père rapportait à la maison. Pour moi, c’était comme s’il ramenait un petit sucre d’orge ! Avec mes frères et sœurs, on en mettait un peu dans du pain avec du beurre. C’était notre caramel au beurre salé à nous !

Juliette MASSON, agricultrice, Bras-Panon, côte est de La Réunion

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Laurent BÉRIOU

Cirque de Mafate

Quand j’étais petit, vers l’âge de 5 ans, j’allais à l’école dans le village d’îlet à Malheur. Dans le cirque de Mafate, les enfants commencent à marcher dès l’âge de 3 ans pour aller à l’école. Je marchais 30 à 40 minutes pour rejoindre l’école chaque matin. Souvent, les plus grands faisaient la course et partaient devant à toute vitesse jusqu’à l’école. Je pense que le trail a un peu démarré comme ça. J’aime courir dans les sentiers en forêt ou en montagne, j’ai besoin de cette aventure : je peux aller où je veux !

J’ai été facteur à Mafate : l’hélicoptère me déposait à Roche Plate où je démarrais ma tournée. Il faut marcher, porter le sac de courrier et de colis sur le dos pendant la distribution qui dure 4 jours. Le métier n’est pas le même qu’en ville : il faut connaître le nom de chaque habitant, car il n’y a pas de boîte aux lettres ni de numéro ! Certaines personnes âgées ne savent ni lire ni écrire et vous demandent de leur lire leur courrier. On devient vite proche des Mafatais.

Laurent BÉRIOU, Aurère – Mafate, les cirques de La Réunion

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Lauriane LEICHNIG

Côte sud

Ma passion pour le vacoa me vient de ma mère : je la voyais travailler la matière et j’étais fière de ce qu’elle réalisait. Je me souviens aussi de ma grand-mère et de ses filles qui partaient au puits Arabe pour vendre les objets en vacoa qu’elles avaient créés. Elles les accrochaient dans la nature, en espérant que les gens qui passaient par-là, achèteraient leurs créations. On partait pour la journée avec les cousins et les cousines, mes tantes et ma grand-mère. On jouait et on pique-niquait tous ensemble, en famille. A cette époque, j’avais 6 ou 7 ans. Avant d’en faire mon métier, j’ai commencé à travailler le vacoa pour le loisir et pour aider ma mère. C’est un métier qui demande de la créativité, de la patience et surtout le respect de la nature et des arbres. Pour travailler la fibre de vacoa, il est important de respecter le rythme de la nature. Il faut laisser à l’arbre le temps de se régénérer et de se développer. Aujourd’hui, à mon tour je transmets à ma fille cette tradition familiale et le respect de l’environnement qui est une valeur fondamentale.

Lauriane LEICHNIG, tresseuse de vacoa, Saint-Philippe, côte sud de La Réunion

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Guibert HOAREAU

Les Hauts

J’ai toujours vécu à la Plaine des Grègues. Nous cultivons le curcuma de génération en génération. C’est une histoire de famille ! Avant, nous cultivions principalement de la canne à sucre et nous produisions peu de curcuma.

Aujourd’hui c’est devenu mon activité principale. J’en produit 3 à 5 tonnes par an et je suis aidé par mes enfants. J’en consomme moi-même tous les jours et à toutes les sauces.

Les gens ont pris conscience des fabuleuses vertus de cette épice et les habitants en consomment de plus en plus localement.

Guibert HOAREAU, producteur de curcuma, Plaine des Grègues, les Hauts de La Réunion

 

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Audrey AH-SANE

Côte nord

Je suis d’origine chinoise, née à La Réunion, où mes arrière-grands-parents paternels se sont installés. J’ai commencé la danse chinoise lorsque j’avais 7 ans. Mon père m’avait emmené voir les festivités de Guan Di au temple de Saint-Denis, près du Petit Marché. Ce jour-là, j’ai été émerveillée par des danseuses et j’ai eu envie d’être à leur place. J’y suis retourné les trois années suivantes car j’étais trop jeune pour commencer la danse. Je me suis inscrite quelques années plus tard. Quand on monte sur scène, tout est accentué. On porte beaucoup de couleurs sur nos costumes. Ça m’avait beaucoup attiré lorsque j’étais petite fille. Et puis, j’avais le droit de me maquiller lorsque je dansais ! Le plus important, c’est que je me sens moi-même lorsque je danse. Ça me plaît de montrer et partager ma culture à travers la danse.

Audrey AH-SANE, Saint-Denis, côte nord de La Réunion

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Mohammad BHAGATTE

Côte nord

 

 

J’ai toujours vécu à Saint-Denis, et j’ai grandi dans la rue Maréchal Leclerc à proximité du petit marché, non loin du temple hindou. C’est un quartier traditionnel à l’ambiance très conviviale où mes parents, qui étaient commerçants, y avaient leur boutique de confection. C’est là que j’ai trouvé cette identité d’une Réunion du vivre-ensemble. À la fermeture des boutiques, les commerçants et leurs familles se retrouvaient parfois pour partager des moments de convivialité au Barachois. Nous vivions tous en harmonie. Je me souviens, lorsque j’étais enfant, être allé à l’étage du magasin de mes parents, où se trouvait le stock, pour jouer. Mes parents ne m’avaient pas vu prendre l’escalier et s’inquiétaient de ne pas me voir en fin de journée. Ils avaient fait le tour des commerces alentours et avaient fini par imaginer le pire. Tous les habitants du quartier étaient alors partis à ma recherche… quand j’ai fini par réapparaître après ma sieste, l’air ébahi ! Aujourd’hui, je rencontre encore régulièrement toutes ces personnes qui m’ont vu grandir et devenir imam de la grande mosquée de Saint-Denis pendant plus de vingt ans, avant de prendre la direction générale de l’association UNIR OI.

Mohammad BHAGATTE, Saint-Denis, côte nord de La Réunion

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Lyna BOYER

côte ouest

Pour moi, le lagon est l’endroit de relaxation par excellence ! Je peux y pratiquer plein d’activités comme le paddle, observer les poissons dans le lagon avec palmes, masque et tuba, jouer au beach tennis avec mes amis… Mais j’aime aussi y aller pour me détendre et profiter d’un moment de relaxation face à l’océan Indien. Le top, c’est le massage sur le lagon ! C’est une expérience incomparable qui sollicite mes sens de manière inédite. Je me laisse bercer par les mouvements de l’eau et le bruit des vagues. Déconnexion garantie ! À l’heure du déjeuner, je profite des rondavelles et des restaurants. Il m’arrive aussi de déguster un cocktail, les pieds dans le sable, au coucher du soleil, en espérant apercevoir le rayon vert à l’horizon : il paraît que ça porte bonheur.

Lyna BOYER, La Possession, côte ouest de La Réunion

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Philippe RAMIN

Côte sud

J’ai découvert la pêche en 2010, grâce à un collègue de travail, après une année difficile due à mon état de santé. Il avait longuement insisté et moi longtemps refusé, mais j’ai fini par céder ! Et un jour, nous nous sommes retrouvés pour ma première partie de pêche sur la côte. Il a apporté une canne, l’a préparée, l’a lancée dans l’eau et me l’a tendue au moment de tirer le poisson. C’était incroyable ! Comme si, tirer ce poisson hors de l’eau me renvoyait à ma condition. Comme si, j’étais extirpé de mes problèmes de santé. Je me sentais bien.

La pêche m’a permis de reprendre pied dans la vie. Me retrouver seul, face à l’océan Indien, me permet de m’évader, de relativiser et d’oublier tout le reste. Aujourd’hui, je sors pêcher presque quotidiennement, le plus souvent sur la plage de Ti Sable à Saint-Joseph, mais aussi au Grand Brûlé, à Sainte-Rose ou à Saint-Philippe. Lorsque je pêche sur la côte, je ramène souvent du maccabi, du cardinal ou encore du ti jaune.

Philippe RAMIN, plage de Ti Sable à Saint-Joseph, côte sud de La Réunion

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Josiane SAUTRON

Les cirques

J’ai participé au concours Opération cirque fleuri, qui récompensait les plus belles maisons et les plus beaux jardins fleuris de Salazie, en 2005. La même année, j’ai participé à la diagonale des fous pour la première fois ! J’avais une cinquantaine d’années. Je m’entraînais avec une amie et son mari : nous partions de Hell-Bourg à 3 heures du matin pour aller à Cilaos. Nous passions par la rivière des Galets et Dos d’Âne pour atteindre le Colorado. Pendant le Grand Raid, c’est mon mari qui s’occupait de l’assistance sur les points de ravitaillement. Quand j’étais en retard, il m’appelait pour me demander où j’étais ! (rires) Une bonne condition physique ne suffit pas, il faut garder un mental d’acier. On rencontre plein de gens sur les sentiers avec qui on fait toujours un bout de chemin. Pour moi, l’important c’est de prendre du plaisir et d’arriver au bout.

Josiane SAUTRON, Hell-Bourg – Salazie, les cirques de La Réunion

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Clément PERIANIN

côte est

J’aime les bassins d’eaux vives. Ils me permettent de me purifier. J’aime particulièrement m’asseoir sous une cascade afin d’évacuer les énergies négatives accumulées au quotidien. Les bassins constituent une grande source d’énergie, ils sont vivifiants. Tout vient de l’eau : c’est un élément essentiel à la vie. L’eau c’est la vie !

Je me souviens d’une randonnée que j’avais effectuée à la Nouvelle et à Marla, dans le cirque de Mafate. Ce jour-là, j’avais marché durant des heures. J’ai aperçu un bassin où je me suis arrêté pour me baigner. Je voulais me relaxer après cet effort physique. Lorsque je suis sorti de l’eau, je me sentais bien, serein, apaisé. Le lendemain, je me suis réveillé sans aucune douleur ! C’était comme si je n’avais pas marché la veille. Pourtant, c’était une journée de randonnée intense ! Plus tard, j’ai voulu partager mon expérience avec ma femme, mais nous n’avons jamais retrouvé ce bassin. C’est comme si j’avais eu une connexion avec cet endroit que j’avais découvert. C’était une source d’énergie incroyable qui m’a purifié, régénéré, transformé.

Clément PERIANIN, Takamaka, côte est de La Réunion

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Aurélie LALLEMAND

Côte ouest

Si j’apprécie les Hauts de mon île, avec leurs reliefs tourmentés combinés à une nature luxuriante, ma préférence va vers le littoral et particulièrement celui de la côte ouest où je peux profiter de l’énergie et de la douceur de vivre qui y règne. Pour fêter la fin de semaine et décompresser, mes amis et moi avons l’habitude de nous retrouver autour d’un apéro au coucher du soleil, les pieds dans le sable et les yeux vers l’horizon.

Cocktails de jus de fruits frais en main, nous pouvons refaire le monde pendant des heures ! Je me rappelle d’un soir d’hiver austral, il y a 2 ans environ, peu de temps avant les derniers rayons du soleil, nous avons eu la chance d’assister à un spectacle magique et tellement irréel : un ballet de baleines ! Elles étaient deux et n’arrêtaient pas de faire des sauts impressionnants. Elles étaient si proches de nous ! A cet instant, le temps s’est figé.

Aurélie LALLEMAND, Saint-Gilles, côte ouest de La Réunion

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Eko LSA

côte nord

J’ai découvert le graff en passant par le tag à l’âge de 14 ans. Je fais partie de la première vague de graffeurs de La Réunion qui se sont emparés de cette culture hip-hop venue des États-Unis à la fin des années 80. J’ai grandi à Saint-Denis entre Bouvet, les Camélias et Château Morange où on se retrouvait avec mes potes. Un jour, l’un deux a frappé à la porte de mon appartement et m’a dit : « Il faut que tu viennes voir ça, il se passe quelque chose dehors ! ». Ce jour-là, j’ai fait ma première sortie avec ma première bombe de peinture à Champ Fleuri. C’était la première fois que je découvrais l’univers du graff : on formait des groupes et on se retrouvait pour tagger nos noms ou ceux de nos quartiers sur les murs. On voulait affirmer notre identité et partager le message lié au mouvement hip-hop : peace, love et unity. Il y avait une vraie valorisation au sein de la communauté, une reconnaissance de ses pairs. On existait. Notre insularité a joué un rôle prépondérant dans la pratique du graffiti : on a dû s’adapter et on a inventé notre propre identité en créant un style propre à La Réunion, dans le choix des couleurs ou de la manière de peindre qui sont liés à notre histoire, à notre métissage, à notre climat aussi.

Eko LSA, Saint-Denis, côte nord de La Réunion

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Sabine Payet

les Hauts

J’ai appris à cuisiner au feu de bois avec mon amie Josiane. Je l’ai beaucoup observée lorsqu’elle cuisinait pour reproduire les bons gestes et évaluer la bonne quantité d’épices à utiliser pour la préparation d’un cari. À l’âge de 20 ans, j’ai fait mon premier cari au feu de bois : un cari bichiques. Je n’avais demandé à personne comment les cuisiner. Alors j’ai préparé les épices, je les ai faites revenir et j’y ai ajouté les bichiques. Et j’ai versé 1 litre d’eau dans la marmite ! À la sortie mon cari ressemblait à de la purée, bien qu’il fût bon en bouche ! Le goût des bichiques n’était pas très prononcé mais il y avait beaucoup de sauce ! (rires) Aujourd’hui, je cuisine pour ma famille, mes enfants ou encore quand je reçois ma maman et mes frères et sœurs.

J’aime la cuisine au feu de bois pour son goût fumé qui révèle les saveurs du cari. Lorsque je cuisine au feu de bois, j’en profite pour suspendre du boucané et des saucisses fraîches au-dessus de la marmite pour les boucaner : ça donne un meilleur goût.

Sabine Payet, le Tampon – les Hauts de La Réunion

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Mathieu HOARAU

Les cirques

Ça fait 12 ans qu’on a repris l’exploitation de lentilles et de vignes avec mon père. On récolte 3 à 4 tonnes de lentilles et 5 tonnes de vignes de cépage Couderc 13 chaque année. La quatrième année d’exploitation, nous avons récolté 10 tonnes de vignes ! C’est une histoire de famille. J’ai toujours suivi mon père sur le terrain et j’ai appris avec lui dès l’âge de 12 ans les week-ends, puis à l’école à Saint-Joseph. Depuis, je suis là tous les jours. Ce que j’aime à Cilaos, c’est que je suis dans la nature, au milieu des montagnes : j’ai de la chance ! Lorsque j’avais 15 ou 16 ans, on a fait du vin maison sur l’exploitation alors que le Chai de Cilaos était fermé. On a récolté le raisin et on a fait notre propre vin à la main ! On ne l’a pas pressé avec le pied mais on a fabriqué une sorte de pressoir. On a mis le raisin dans une cuve, puis dans des gros bacs et on a attendu 21 jours. On a réussi à faire du bon vin, mais celui de la boutique était meilleur ! (rires) C’était à faire !

Mathieu Hoarau, lieu-dit L’Écho – Cilaos, les cirques de La Réunion

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Miza GOURDIAL

Le volcan

Je suis arrivée à Piton Sainte-Rose en 1962. C’est l’année où j’ai découvert la fameuse église Notre-Dame-des-Laves, avant l’éruption du piton de la Fournaise de 1977. Le jour du vendredi Saint, une première coulée de lave s’est dirigée vers Bois Blanc. Puis le lendemain, une autre coulée a détruit une partie du village de Piton Sainte-Rose. Ce jour-là, en quittant mon travail, j’ai vu un panache de fumée sur la montagne, puis la lave descendre comme une rivière de feu. Avec ma famille, nous avons été évacués très vite par le camion de l’armée. Quelques jours après Pâques, la lave a entouré l’église et est entrée un peu à l’intérieur, sans arriver jusqu’à l’autel. Beaucoup parle d’une bénédiction. Quand nous avons fait la première communion de ma petite-fille dans l’église en 1979, la lave fumait encore. Malgré l’éruption, j’ai voulu revenir vivre à Piton Sainte-Rose. Les gens me demandent souvent pourquoi. Je leur réponds que le volcan est partout, on est sur un volcan ! Et je me sens chez moi !

Miza GOURDIAL, Piton Sainte-Rose, le volcan de La Réunion

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René-Paul ELLÉLIARA

Côte sud

 

Le maloya est une musique qui est un métissage de couleurs, dont le son original et traditionnel représente notre patrimoine culturel. Quand j’étais petit, il se jouait en fin de journée, après le travail. Quelqu’un prenait un roulèr et jouait sous le soleil, les pieds dans la poussière, dans la cour, et d’autres prenaient un fer blanc et un bobre. On chantait en famille pendant que ma mère cuisinait au feu de bois. Le repas cuisait au son du maloya. À l’époque, on vivait dans des cases en tôle ou en paille, dans des calbanons. Les voisins étaient proches et dès les premiers rythmes du roulèr, ils accouraient et se réunissaient autour du musicien pour jouer avec lui. La musique et le chant étaient improvisés et spontanés. C’était joué avec le cœur. Ce que je préfère dans le maloya, c’est la tradition lontan. Sur scène, on a les lumières, la sono, etc. Mais ce que j’aime par-dessus tout, c’est jouer par terre, en acoustique. C’est là que je vis le maloya. Je suis plus proche du public, on est en contact, on est ensemble. Cette musique représente nos valeurs, nos racines, notre identité, notre héritage.

René-Paul ELLÉLIARA, Saint-Pierre, le sud de La Réunion

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Anne-Gaëlle FONTAINE

Les Hauts

Je travaille sur l’exploitation de géranium rosat de mes parents qui existe depuis 1988. Nous avons une exploitation de 4 hectares sur laquelle nous faisons aussi du maraîchage de fruits et légumes de saison. J’ai appris la culture du géranium avec eux. Déjà toute petite, ils m’emmenaient dans les champs lors de la coupe. Ils m’installaient à l’ombre d’un pied de géranium, sous lequel je dormais dans mon couffin ! À l’âge de 2 ans, je ramassais les barquettes de fraises et je les mettais dans les caissettes. J’apprenais à compter en même temps. À cet âge-là je disais déjà que je voulais devenir agricultrice (rires).

Cultiver le géranium demande beaucoup de travail. Il faut environ 600 kg de matière verte pour récupérer 2 litres d’huile essentielle : c’est de l’or vert ! La satisfaction des clients qui achètent nos produits sur le marché est ma plus belle récompense.

Anne-Gaëlle FONTAINE, le Grand-Tampon, les Hauts de La Réunion

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Nicolas VILLENEUVE

Le volcan

Je préparais ma thèse à l’Observatoire Volcanologique du Piton de la Fournaise lorsque le volcan est entré en éruption, le 9 mars 1998, après 6 années de repos. À cette époque, le cadre du doctorat ne me convenait pas et j’avais décidé d’abandonner ma thèse. Ce spectacle phénoménal m’a vite fait changer d’avis !

Quelques minutes après le début de l’éruption, Patrick Bachèlery, géologue et chercheur à l’université, m’a dit tout en se caressant la moustache : « Pars vite avec une équipe faire des prélèvements, ça ne va pas durer ». La lave s’est finalement écoulée durant 196 jours ! Nous avons travaillé 7/ 7 jours et 24/ 24h à l’observatoire. Je suis même resté sur site durant sept jours, près du piton Kapor qui s’est formé lors de cette éruption. C’est à ce moment-là que s’est forgé mon amour pour le volcan. J’étais en pleine immersion et je passais mes nuits à regarder les coulées, je prenais des notes. Ce devait être la première éruption aussi documentée et aussi la plus visitée par les Réunionnais. 

Nicolas Villeneuve, piton de la Fournaise, le volcan de La Réunion

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