Pour rencontrer Marcel Bilin, il faut marcher.
Quitter les routes, laisser derrière soi le littoral, puis entrer dans Mafate. Suivre les sentiers qui traversent les ravines, longent les remparts volcaniques et relient entre eux ces petits villages accrochés à la montagne qu’à La Réunion on appelle : “îlets”.
Ici, aucune voiture. Aucun axe routier. Seulement la marche.
Classé au patrimoine mondial de l’UNESCO, le cirque de Mafate est l’un des territoires les plus enclavés de France. Un monde entouré de montagnes vertigineuses, où l’hélicoptère fait encore office de camion de livraison.
Et c’est ici, à Grand Place Les Hauts, entre le Piton Calumet et les remparts du Maïdo, que Marcel est né. Ici qu’il a grandi. Ici aussi qu’il a choisi de construire sa vie.
Un enfant de Mafate
Devant la case familiale, la maman de Marcel tresse encore des chapeaux, assise sur une chaise en bois, du haut de ses 90 ans, les doigts fidèles à ce savoir lontan.
Plus loin, un carry mijote. Les cuves inox attrapent la lumière du matin. Des sacs de malt s’empilent. À quelques pas de là, les cerfs attendent leur ration.
Et au milieu de ce tableau-là, qui semble presque figé dans un autre temps, entre l’odeur du houblon et celle du feu de bois : Marcel brasse sa bière.































