Le cri du cœur
Dans l’Est de La Réunion, la végétation ne demande pas la permission. Elle reprend tout ce qu’on lui laisse, les murs, les clôtures, les bords de route.
La rivière n’est jamais loin. Le radier, les jardins gorgés d’eau, les pluies qui arrivent sans prévenir, l’océan qui cogne derrière les vacoas.
C’est dans ce vert-là, à la Rivière des Roches, entre Saint-Benoît et Bras-Panon, que Laurence a grandi.
Quand elle parle, elle cherche parfois ses mots. Elle rit beaucoup aussi. Un peu timide, très sensible. Mais dès qu’il est question de cuisine, quelque chose s’éclaire immédiatement chez elle.
“Pour moi, la cuisine, c’est ma façon de montrer de l’amour.”
Aujourd’hui, Laurence est cheffe à domicile. Avec Ti Fonnker, elle cuisine chez les gens, dresse leurs tables, imagine des menus où les souvenirs créoles rencontrent ses influences plus contemporaines.
“Ti Fonnker” : cette expression réunionnaise s’impose naturellement à elle. Parce qu’elle traduit exactement ce qu’elle cherche à transmettre.
« Le fonnkèr, c’est un cri du cœur. Le fond de ce qu’on a envie de dire. »
Chez Laurence, beaucoup de choses passent par la cuisine.




























