Le Maloya fête son sixième anniversaire à l'UNESCO !

Instruments de musique - © IRT/ Studio Lumière
Zoom sur

Publié le 01 octobre 2015

Le terme Maloya vient du mot malgache maloy aho qui signifie parler. Il est, avec le séga, l’un des deux genres musicaux majeurs de l’île de La Réunion. Depuis le 1er octobre 2009, le Maloya, héritier des chants des esclaves, est classé au Patrimoine culturel immatériel de l'humanité par l'UNESCO.

Métissé, le Maloya est né avec les esclaves d’origines malgache, africaine et indienne dans les plantations sucrières de La Réunion dès la fin du XVIIe siècle, avant de s’étendre à toute la population de l’île. A cette époque, il demeure un chant de douleur et de révolte, à la frontière du culte ancestral. Longtemps transmis de génération en génération, le Maloya prend alors la forme d'un dialogue entre un soliste et un chœur, accompagné de percussions. Jusqu’au milieu du XXe siècle, cette musique est plutôt désignée par le terme séga (de t’shéga puis shéga). Le terme Maloya s’est ensuite démocratisé, le séga qualifiant spécifiquement la chanson créole modernisée.

Le Maloya se joue avec des instruments traditionnels comme le roulèr (tambour basse), le kayamb (un hochet en radeau), le pikèr (un cylindre en bambou frappé avec deux baguettes), le sati (une caisse en métal frappé avec des baguettes) et le triangle, délaissés par le séga au profit des instruments à cordes et à vent. Il se caractérise par un tempo marqué par des rythmes ternaires.

Durant des décennies la Maloya est officiellement prohibé et ce n'est qu'en 1982 que la censure est levée. Il est  devenu aujourd’hui l’expression majeure, sur le plan culturel et musical, de l’identité réunionnaise. Plus de 300 groupes musicaux le pratiquent. Confiné à l'origine dans les propriétés sucrières, le Maloya prend désormais des formes de plus en plus variées, au niveau des textes comme des instruments avec l'introduction du djembé, du synthétiseur ou encore de la batterie. Chanté et dansé sur scène par des artistes, il se métisse avec le rock, le reggae, le jazz ou encore la musique électronique et inspire la poésie et le slam.