La Réunion est une île gourmande. Prenez un fond de culture française, ajoutez une pincée d’habitudes malgaches, un zeste de savoir-faire chinois, une pointe de saveurs indiennes, et vous obtiendrez un menu unique au monde.

Samoussas et bouchons, le métissage dès l'apéritif

Un triangle doré croque sous vos dents, les saveurs mélangées de la farce emplissent votre palais. Venus de l’Inde, les samoussas accompagnent idéalement un punch parfumé. Les bouchons, boulettes de viande enrobées d'une pâte de riz fondante, proviennent, eux, de Chine. Lesbonbons piments, à base de pois du Cap, font également partie des tapas créoles. Ils se vendent partout, dans des "camions-bars", sur les marchés...

Hors d'oeuvre créoles

La salade de palmiste se prépare avec une variété de palmier de petite taille qui a longtemps poussé à l’état sauvage et qui a failli disparaître tant elle a été braconnée.

Le chouchou, appelé ailleurs chayote ou christophine, pousse sous des treilles qui couvrent les pentes du cirque de Salazie. 
L’assiette de poissons fumés des tropiques: elle provient de la pêche au gros (espadons, marlins bleus, thons, dorades coryphènes...), pratiquée au large de La Réunion.

Riz, grains, rougail : trilogie de la cuisine réunionnaise traditionnelle

Le piment, qui fait transpirer le visiteur au moins autant que le rhum du pays et le soleil tropical, a pu se glisser sous la peau d’ébène d’un boudin grillé, où dans l’assiette d’achards de légumes qui l'accompagne.

Le mot achard recouvre toutes sortes de légumes découpés en lanières et marinés dans une sauce pimentée.

Le plus explosif des piments réunionnais est le minuscule «piment-zoiseau». Il fait généralement son apparition à l’heure des plats chauds, dans la coupelle de «rougail» qui accompagne tous les caris.

Les plus courants sont les rougails tomate, bringelle (aubergine), mangue verte, citron, mais aussi pistache (dénomination locale de la cacahuète). Ces fruits ou légumes sont coupés très finement ou passés au pilon (mortier) mélangés à du piment vert, auquel on ajoute du sel, de l’oignon et un filet d’huile.

Le riz s’humecte de «grains» en sauce : haricots rouges ou blancs, pois du Cap ou, mieux encore, lentilles de Cilaos. A l’instar de son homologue du Puy, le sol volcanique de La Réunion a produit une excellente variété de lentilles.

La ronde des caris

La base de préparation des caris est similaire : on fait roussir ensemble oignon, ail, thym, tomates, sel poivre et, bien sûr du curcuma, le safran local, et parfois aussi du gingembre. Ces plats mijotés se déclinent aussi avec des légumes, comme leti’jacques (issu du jacquier, arbre originaire d’Inde, dont le fruit est consommé vert, en légume, et mûr, en fruit), le chouchou, voire la pomme de terre ou le palmiste. Le «rougail», désigne à la fois un condiment et une variante de cari utilisée pour  les saucisses, fraîches ou fumées, et la morue. Depuis plus d’un siècle, les cuisiniers ont appris à accommoder un des trésors végétaux de la Réunion : la vanille. Une sauce où l’on aura laissé s’exprimer les arômes d’une ou deux gousses nappera avec bonheur un canard ou un filet de mérou !

Des brèdes en accompagnement

Les brèdes sont les feuilles et les tiges de différentes plantes (chouchou, chou de Chine, citrouille ou mourongue...) qui sont servies fricassées avec de l’ail, du gingembre, de l’oignon et un peu de piment.

Douceurs créoles : les fruits tropicaux

Le letchi est synonyme de réjouissances : le petit fruit rouge à la chair laiteuse, arrive à maturité à l’approche de Noël. La saison du letchi se prolonge en février avec le longani.

Plus précoces, les mangues de la Réunion sont parfois issues de savants croisements. Très prolifique, le fruit compte à La Réunion plus d’une cinquantaine de variétés. Seule une demi-douzaine d’entre elles sont cultivées, dont la "early gold" américaine, oblongue et rougeoyante, la  "José" , l'"Auguste".... Elles peuvent se manger vertes : coupées en lamelles et imbibées d’un mélange de sel et de piment.

Le petit ananas Victoria, sucré et goûteux, peut être dégusté toute l'année. Les goyaviers, issus d’une plante invasive importée, sont des petits fruits rouges et acidulés. On les cueille dès le mois de mai, dans les hauts de l'île, sur les sentiers de randonnée. Tant d’autres fruits sont à apprécier, nature ou en sorbets : bananes, corossol, fruits de la passion, goyaves, pitaya, tangor, et même despêches, qui poussent dans le cirque de Salazie.
 

Fromage et dessert

La Réunion produit désormais diversfromages et du vin, rouge ou blanc, provenant de Cilaos. Le gâteau patate ou le ti'son (maïs) peuvent être également pris en dessert ou pour le goûter. Il reste à siroter un petit café, "coulé" à l’ancienne, et l’incontournable petit verre de «rhum arrangé», savant mélange de plantes et de fruits macérés dans l’alcool.