Même si les plus beaux souvenirs que l'on garde de l'île sont d'abord les paysages superbes et la gentillesse inégalée des Réunionnais, on prendra plaisir à glisser dans ses bagages les réalisations des artisans d'art : étoffes brodées, bijoux en écailles de tortue d'élevage, vannerie en vacoa tressé, objets en bambou, roche de lave ou parfums aux essences naturelles de géranium...

Un artisanat d'art varié

Avec les photos de voyage, l'autre plaisir d'un séjour est inévitablement la recherche de souvenirs à emporter dans sa valise... Malgré une certaines standardisation du mode de vie, La Réunion possède un artisanat d'art vivace et varié. Un tour dans les marchés permet de trouver des souvenirs : attention cependant aux produits d'importation venus de l'île Maurice ou de Madagascar. Parfois, mieux vaut trouver localement ce que l'on souhaite emporter.

Cilaos, l'un des cirques de La Réunion possède trois spécialités : le vin, les lentilles et les "jours". Il s'agit de broderies qui ne se superposent pas à l'étoffe mais se créent en écartant les fils de trame du tissu et forment ainsi des ornements ajourés. D'une grande délicatesse et réclamant de la part des brodeuses beaucoup de minutie, les jours de Cilaos sont très recherchés. Saint-Philippe s'est fait lui une spécialité du tressage du vacoa (petit palmier dont on déguste le chou en cari) : nattes, "bertel" (sac à très longue anse) et "soubique" (panier à deux anses, d'inspiration malgache) sont vendus en direct ou dans la boutique de l'association Cass' le coin. Au village de l'Entre-Deux, c'est le choca (une sorte d'agave) que l'on tresse, tandis qu'au cirque de Salazie, le bambou est à l'honneur chez les artisans. Enfin à la Plaine-des-Cafres, sur le chemin du Piton de la Fournaise (ainsi baptisée car les Marrons, les Noirs fuyant l'esclavage et les plantations, y avaient trouvé refuge) la roche de lave est travaillée pour produire des objets : c'est l'occasion de ramener un pilon en pierre pour faire des rougail-mangue à la maison!


Conformément à la convention de Washington (qui encadre le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d'extinction), l'activité des artisans écaillistes de l'île de La Réunion est garantie par un arrêté qui leur permet d'utiliser les stocks d'écaille inventoriés avant 1984. Une ancienne ferme d'élevage de tortues, la Ferme Corail, a fourni un stock de carapaces qui respecte la législation. Cette matière première semi-précieuse, à l'instar de l'ivoire, est utilisée par une poignée d'artisans d'art dont le travail est d'une haute technicité : luminaire, marqueterie, laque... l'écaille de tortue se prête à bien des réalisations.

A Sainte-Anne, on trouvera des pains de savons de tous les parfums ou presque, et au Tampon un artisan-forgeron, Samuel Hoarau, qui propose des couteaux entièrement fabriqués main avec des bois locaux. Sculptés, les bois forment de délicates frises le long des rives de toits des maisons créoles traditionnelles : les lambrequins. Outre leur beauté, ils agissement comme des larmiers en évitant que la pluie ne coule le long des murs de façade couverts de bardeaux de bois. Au Tampon se situe également la Coopérative agricole des huiles essentielles de Bourbon qui  propose de découvrir le monde des parfums. Après un parcours initiatique dans le « jardin des Senteurs » et un petit film, on peut assister à la distillation, découvrir les principes d’élaboration des parfums avec un maître parfumeur et créer son eau de parfum personnalisée. A la boutique, on trouvera une des merveilles de l'île : l'huile essentielle de géranium et de vétiver. Cultivés dans les Hauts, le géranium "péi" (local), n'a rien à voir avec les créations des pépinières qui embellissent les balcons de métropole !

Il s'agit d'une plante à minuscules fleurs mais dont les feuilles dégagent une senteur complexe, envoûtante et précieuse qui, après des heures de "cuite" en alambic produisent une huile essentielle que s'arrachent les parfumeurs de Grasse et les maisons de haute couture pour créer leurs parfums. Cette odeur est sans nul doute un des souvenirs les plus tenaces que l'on garde de l'île !