Mafate, un endroit unique au monde...

C'est l'heure du déjeuner et le battement de tambour d'une chanson traditionnelle de Maloya se fait entendre à la radio. Je bois une gorgée de rhum Charette. Un chat saute sur mes genoux et se met à l'aise. Je le caresse avec plaisir. Je demande à Nico, notre guide : « Comment dit-on "J'adore les chats" en créole ? ». Il rit et dit quelque chose que je ne comprends pas. « Pas besoin de nous le dire, tu sais. Ça se voit ».
C'est une journée lumineuse et ensoleillée et nous venons de nous asseoir autour d'une table en plastique, couverte d'une nappe colorée et de bouteilles du rhum local, arrangé avec des feuilles d'orchidée, connue sous le nom de faham. Nous sommes au milieu d'un paysage incroyable, composé de falaises abruptes et d'une nature luxuriante, et d'au moins huit chats. 
 
Nous avons marché pendant près de trois heures le long de magnifiques terrains et sur des chemins très pentus : le cirque de Mafate, au centre de l'île de La Réunion. Alors que je m’imprègne de cette vue, le rythme de mon cœur suit celui de la musique portée par le vent, et je respire profondément, encore chancelant de cette marche exaltante.
 
Mafate, l'un des endroits les plus uniques au monde, est connu comme une île parmi les îles à La Réunion. Ce cirque ne compte que 800 âmes, réparties sur trois petits villages, et on ne peut y accéder qu'à pied. Aucune route ne mène au cirque et les habitants doivent marcher pendant quatre heures à quatre heures trente ou prendre l'hélicoptère chaque fois qu'ils doivent quitter leur village. Les provisions sont livrées chaque semaine par hélicoptère et dans les situations d'urgence, les habitants sont héliportés.
 

 

Nous sommes un lundi, et alors que nous nous rendions au point de départ de la randonnée, une jeune professeure retournant au cirque où elle enseigne la semaine commençait son ascension. Elle est en très sportive et nous avions à peine commencé à marcher qu'elle avait déjà disparu au bout du chemin. Vendredi après-midi, elle redescendrait jusqu'au point de départ où on viendrait la chercher pour passer le week-end sur la côte. Les médecins et d'autres spécialistes ont la même routine.
 
Nous déjeunons dans un petit restaurant familial de Cayenne, l'un des trois petits villages qui forment Mafate. La plupart des gens qui vivent à Mafate travaillent pour le parc national ou dans le secteur du tourisme, où ils offrent des possibilités de logement et de restauration pour les nombreux touristes qui font des randonnées sur le cirque. Les amoureux de la randonnée aiment marcher jusqu'ici le week-end, passer la nuit dans un gîte et se balader dans la région.
 
La nourriture est délicieuse et traditionnelle : de grands bols de riz fumant, des haricots, du canard et du rougail saucisse (un plat exquis composé de saucisse créole en morceaux cuite dans une sauce à base de tomates en dés, de petits morceaux de mangue verte, de gingembre concassé, d'oignons hachés et de piments) sont alignés sur la table. Nous nous servons copieusement, affamés comme nous sommes après cette randonnée. Nous trinquons avec nos bières Dodo : Aux activités de ce matin ! Les chats se faufilent entre nos jambes et tentent de sauter sur nos genoux pour goûter à nos plats. Pour ce petit village qui ne compte que 30 habitants, on dirait qu'il y a un chat pour chaque être humain.
 

Il existe différentes randonnées à Mafate, avec des niveaux d'expertise requise variables. Nous n'avions pas beaucoup de temps (et, pour être honnête, plus beaucoup d'énergie), alors nous avons décidé de redescendre à l'arrière d'un pick-up jusqu'à un endroit de la Rivière des Galets (la rivière des habitants) d'où nous n'avions plus qu'à marcher pendant deux heures trente environ. Pour les randonneurs les plus motivés, une randonnée de huit heures commence au somptueux sommet du Maïdo (un panorama incontournable qui surplombe l'intégralité du cirque de Mafate).
 
Si nous avions eu plus de temps, j'aurais adoré passer quelques jours à explorer la région et à connaître mieux ses habitants. Les paysages sont à couper le souffle et, où que vous regardiez, vous aurez envie de prendre une photo.
 
Nous avons passé peu de temps à Mafate, mais ça a été très agréable. On peut alors entendre le bruit lointain des ailes de l'hélicoptère qui vient nous chercher, il arrive et se pose sans difficultés et précisément pour nous faire monter à bord. Je suis toujours impatiente à l'idée de voler dans l'une de ces machines incroyables et je me baisse lorsque nous embarquons, mon cœur battant fort dans mes oreilles, une fois de plus. Quand je vole à bord d'un hélicoptère, j'ai toujours l'impression d'être dans un film d'action et, alors que nous décollons, je regarde vers Mafate, la tête remplie de souvenirs de paysages magnifiques et le cœur enjoué.

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